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La Nature à fleur de peau

Anne Slacik

EXPOSITION du 25 au 29 octobre 2017 et les 4 et 5novembre
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La Nature à fleur de peau
En lien avec l’exposition du 6b, “L’Ïle”, HCE Galerie présente une sélection d’oeuvres issues d’une collection particulière,du 25 au 29 octobre 2017 et les 4 et 5 novembre, de 15 h à 19 h.
Le vendredi 27 octobre à 18h, lecture de textes sur la nature, de l’Antiquité à nos jours


Ces œuvres révèlent la présence intense de la nature, du règne végétal en particulier et du jeu des éléments, mais aussi de la vision et la visée d’un collectionneur dont les choix procèdent de coups de cœur et d’élans irrépressibles La nature affleure à la surface des toiles avec toutes ses sédimentations de sens et se prolonge « à fleur de peau » dans une sensibilité qu’elle a touchée et où elle continue à vibrer.

Des lignes frémissantes de sens se dégagent de ces œuvres différentes choisies pour dialoguer entre elles, elles se croisent et se nouent en des points saillants, des arcanes de la nature.

D’abord il y a la graine, la vie en réserve, la réserve de vie, ses germinations naturelles et mentales .Sous l’angle du végétal, la nature se révèle comme le règne exubérant d’un pouvoir illimité de formation, une réserve de formes en devenir, avec des modulations infinies, des volutes, des dentelles, des enchevêtrements et des froissements ; La nature , « la Grande Artiste » a du bout de ses ciseaux invisibles décidé de coupures, de ciselures et de rythmes invraisemblables .En même temps elle est prise dans une gigantesque poussée, un élan vers la lumière, un rythme inépuisable. De la racine à la cime l’arbre est un ensemble de forces qui se font tronc, branches, rameaux et feuillages, il pousse dans les virtualités à l’infini, se plante dans l’âme.

Younés Rahoum concentre cette profusion dans les « essences vitales », le cœur, l’atome, la graine, cerne l’infini in nucleo pour l’offrir à la méditation. D’étranges végétations et proliférations issues d’un placenta diffus prennent possession de cet homme-esprit de la nature de Franck Lundangi .Il nous rappelle que la sève coule aussi dans nos veines…C’est aussi à partir de la graine que se déploie l’imaginaire d’Emilie Imbert : la graine se suffit à elle-même pour faire architecture, texture, peau, paysage.

Et puis cet autre arcane de la nature, le visage qu’elle prend dans le paysage. Les différentes forces se rassemblent et se composent, s’accordent à notre regard ou s’en éloignent jusqu’aux cosmogonies les plus lointaines, celles de Dennis Nona. La nature a ses états d’âme, une tonalité qui révèle sa dimension poétique. Les artistes choisis par le collectionneur ne déplient les éléments et les linéaments de la nature que pour mieux la replier en son être intérieur, y faire vibrer la plupart du temps des émotions nostalgiques.

La gravure en taille douce de Muriel Moreau évoque bien ce mouvement de retour de la nature à sa source ou son origine, en inversant ce rayonnement qui s’étale à la surface et revient en son centre, ou en interrogeant les mystères des surfaces réticulaires présents à différentes échelles dans la nature Les très petits paysages de Marie Rameau invitent à se rapprocher de ces signes inscrits dans le paysage, arbres figés ou givrés, envol d’oiseaux, de ces appels depuis un monde lointain, de même que la poignante photographie de Raluka Vlad

Enfin il y a cet indice donné par le collectionneur avec les petites photographies, très énigmatiques : la nature a déposé à la surface du monde une mince pellicule de signes comme un sceau qui en atteste la poésie. La nature manifeste l’impatience de la vie à s’écrire en signes. Les formes secrètent des lignes abstraites, des épures, des trajets dans les pleins et les déliés, les courbes et les empâtements, les nœuds de force. La nature est un réseau, la sève se répand à travers des veines et des artères comme l’encre le fait sur le papier.

Dans le monde d’Anne Slacik c’est la couleur qui coule à son rythme, qui s’inquiète de soi et se cherche un rivage, improvise des formes, ici un nuage, là deux arbres gémellaires, dans un jeu continu de contagions, de fondus- enchainés. Elle exprime un monde né de la couleur et donc de la lumière. Et il y a ce panorama de Malgorzata Paszka, où le ciel et la terre se confondent dans une écriture lumineuse de brume et d’ombre. La toile des tableaux est comme un parchemin, une peau où s’écrivent de très belles pages de poésie.

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